Radicali.it - sito ufficiale di Radicali Italiani
Notizie Radicali, il giornale telematico di Radicali Italiani
cerca [dal 1999]


i testi dal 1955 al 1998

  RSS
mar 28 apr. 2026
[ cerca in archivio ] ARCHIVIO STORICO RADICALE
Archivio Partito radicale
Bonino Emma - 25 febbraio 1993
Il faut une nouvelle manière de pouvoir vivre ensemble
Face aux grandes questions qui bouleversent le monde

par Emma Bonino

SOMMAIRE: »L'enjeu c'est de rendre possible les chose raisonnables que chacun de nous voudrait faire, les choses que chacun de nous voudrait qu'on fasse pour arrêter la guerre, pour affirmer la justice, pour vaincre la violence dans le monde. Mais seuls, nous ne pouvons pas réussir. Et seuls, sans une mobilisation de citoyens et de parlementaires de chaque partie du monde, même les gouvernements italiens, américains ou russes ne peuvent pas réussir .

(NOI, 25 février 1993)

Pendant le Congrès radical, quatorze députés démocrates chrétiens (1) annonçaient leur inscription au Parti radical. Ils s'ajoutaient aux 170 députés du PDS (2), PSI (3), PRI (4), "rifondazione communista", PSDI (5). Sur 305 parlementaires inscrits au PR, venant de 37 pays différents, représentants 71 partis ou formations politiques, beaucoup étaient présents. Mais où est la nouvelle, se demandaient avec désespoir beaucoup de journalistes aveuglés par l'évidence. "Mais quand est-ce que Bossi (6) arrive? Et Occhetto (7)?" demandaient-ils au délégué de la Moldavie ébahi. Huit cent congressistes radicaux venant de Russie, d'Afrique, d'Europe, d'Amérique, discutaient sur la manière d'arrêter la guerre en Bosnie ou au Nagorno Karabakh, de la campagne pour l'abolition de la peine de mort avant l'An 2000, du tribunal international contre les crimes de guerre. Il y avait des ministres, des parlementaires, des ambassadeurs. Mais où est la nouvelle? Ils trouvaient finalement ce qui à leur avis intéressait les lecteurs

: »Bossi et Occhetto ont snobé le Congrès radical, ils ne viendront pas à l'Ergife (8) .

Le temps semblait ne rien leur avoir appris. Peu d'entre eux ont été effleurés par le doute que, cette fois aussi, les radicaux pourraient avoir raison, qu'ils pourraient avoir trouvé l'essentiel de la crise de notre société, de ce qui déconcerte l'opinion publique dans tous les pays: la science a fait des miracles dans tous les domaines mais la politique se montre au contraire impuissante, elle s'arrête même, au seuil de l'An 2000, devant le problème modeste de nourrir une population ou d'empêcher le viol de centaines de femmes bosniaques. Sans parler des problèmes nationaux plus limités.

Personne n'a reconnu le nouveau, personne ne s'est rendu compte que le parti "italien" des radicaux "historiques" a été remplacé par un autre sujet politique qui ne suit pas la mode des "transversalités" qui prétendent conditionner l'existant mais qui annonce une nouvelle manière d'être parti, à la hauteur des grandes questions qui bouleversent l'Europe et le monde, qui ne naît pas de schismes idéologiques mais se nourrit totalement du meilleur que les différentes familles politiques, socialistes, catholiques, libérales ont donné à la démocratie occidentale.

Les journalistes découvriront-ils à temps ce parti nouveau avant d'être obligés de célébrer à "regret" sa fermeture?

"De toute ma vie je ne me suis jamais inscrit à un parti" revendiquent avec orgueil la plupart des gens. Bravo! Vous avez d la sorte remis cet instrument auquel la Constitution confie la tâche de participer à déterminer la politique nationale, aux nombreux affairistes dont les chroniques judiciaires sont pleines.

Je m'adresse surtout à ces personnes qui "ne se sont jamais inscrites", qui dans le passé ont peut-être même écouté avec gêne les appels pressants du Parti radical pour s'inscrire, pour verser une obole pour la démocratie: mais "Tangentopoli" (9) était-elle nécessaire pour découvrir comment se finançaient les autres partis? Il ne suffisait pas de se demander, pour le comprendre, comment ils réussissaient à payer leurs campagnes milliardaires sans jamais demander un sous aux citoyens?

Aujourd'hui tout le monde peut finalement s'expliquer pourquoi il n'y a jamais eu un radical impliqué dans les scandales. La politique est coûteuse: ou elle est financée volontairement par les citoyens ou par les pots-de-vin. Nous avons toujours choisi uniquement la première solution.

Aujourd'hui le Parti radical risque justement de mourir parce que beaucoup de gens "ne se sont jamais inscrits" au parti qui a fait de la mendicité, de la pauvreté, de l'honnêteté, son drapeau. On a le temps jusqu'au 28 février. Si à cette date il n'y aura pas au moins 30 mille inscrits on fermera boutique. Et maintenant notez l'adresse à laquelle vous pouvez envoyer un mandat télégraphique avec le montant de l'inscription qui est de mille lires par jour, un café en moins par jour:

Parti radical, via di Torre Argentina 76, 00186 Rome. Si vous voulez, vous pouvez aussi le faire avec une carte de crédit en téléphonant au numéro (06)6864233.

Mais qu'est-ce-qui pourra changer dans votre vie si le Parti radical devait réussir à gagner ce défi? Que pourrait-il arriver si ceux qui sont en train de me lire devaient finalement décider de nous donner un coup de main pour réussir, ensemble, à vivre? L'enjeu est de rendre possible les choses raisonnables que chacun de nous voudrait faire, les choses qu'il voudrait qu'on fasse pour arrêter la guerre, pour affirmer la justice, pour vaincre la violence dans le monde. Mais seuls, nous ne pouvons pas réussir. Et seuls, sans une mobilisation de citoyens et de parlementaires de chaque partie du monde, même les gouvernements italiens, américains ou russes ne peuvent pas réussir. Des exemples? Il n'y a que l'embarras du choix. Nous voudrions tous qu'il y eut une autorité, un tribunal, une police internationale, investis démocratiquement de pouvoirs d'ingérence, qui puissent intervenir partout où la vexation, l'abus, la tyrannie humilient la dignité et les droits de l'individu. Que faut-il pour transformer ce rêve

en réalité?

Nous voudrions tous que nos villes recommencent à être vivables, qu'elles soient libérées des effets pervers provoqués non pas par la drogue mais par le prohibitionnisme, par cette folle politique des gouvernements qui transforme un trafiquant de quantités modestes de produits qu'on peut trouver facilement sur le marché international en un puissant criminel aux bénéfices milliardaires. Nous voudrions être libérés de cette spirale qui transforme un consommateur en trafiquant, en criminel, en voleur.

Nous voudrions des lois, au niveau national et international, qui abolissent le prohibitionnisme et ramènent le problème du toxicomane à sa dimension sanitaire et sociale.

Cela aussi est destiné à rester un rêve?

Non, ce n'est pas possible. Il faut un parti transnational et transparti. Il faut ton envie de le construire.

-----

N.d.T

1 - DEMOCRATIE CHRETIENNE (DC). Parti italien d'inspiration chrétienne/catholique. Constitué sous ce nom dans l'après-guerre recueillant l'héritage du Parti Populaire, né dans le premier après-guerre par l'oeuvre d'un prêtre sicilien, don Luigi Sturzo. Après les élections de 1948, dans le climat de la guerre froide, il devint le parti de majorité, s'approchant certaines fois de la majorité absolue. Composant central de tout gouvernement, il détient le pouvoir sans interruptions depuis un demi siècle conditionnant fortement en sens modéré le développement de la société italienne. Aux élections de 1992, pour la première fois, il descend sous la barre des 30% des suffrages.

2 - PDS. Parti Démocratique de la Gauche. Le 11 novembre 1990, le secrétaire général du Parti communiste, Achille Occhetto, proposa au Comité Central le nouveau nom de "Parti Démocratique de la Gauche" et un grand chêne stylisé comme nouveau symbole. Quelques communistes orthodoxes qui n'acceptèrent pas la réforme quittèrent le parti pour créer le parti "Rifondazione Comunista".

3 - Parti Socialiste Italien.

4 - Parti Républicain Italien.

5 - Parti social-démocrate.

6 - BOSSI UMBERTO. Premier secrétaire de la "Lega Lombarda" (Ligue Lombarde), à caractère nationaliste, séparatiste, populiste et raciste. Son objectif est l'instauration du fédéralisme en Italie.

7 - OCCHETTO ACHILLE. (Turin 1936). Homme politique, italien. Premier exposant de la gauche fidèle à Ingrao, passé ensuite au centre de Berlinguer, devenu secrétaire du Parti communiste italien (PCI) en 1988 succédant à Alessandro Natta. Après avoir lancé l'idée d'une grande "Constituante" de la gauche ouverte à toutes les forces réformatrices, il s'est ensuite replié uniquement sur le changement de nom du parti ("Parti Démocrate de la Gauche").

8 - ERGIFE. Hôtel de Rome, où se trouve un important centre de congrès et où ont eu lieu beaucoup de congrès du Parti radical.

9 - TANGENTOPOLI. Littéralement: "La cité des pots-de-vin".

C'est le nom qui a été donné au scandale des pots-de-vins payés à des hommes politiques par des chefs d'entreprise à titre personnel et pour financer leur parti. A peu près tous les partis politiques y sont impliqués. Milan est le centre de cette enquête de grosse envergure, mais petit à petit d'autres enquêtes s'ouvrent dans toute l'Italie.

 
Argomenti correlati:
stampa questo documento invia questa pagina per mail