SOMMAIRE: Les travaux de la seconde session du XXXVIe Congrès du PR ont été ouverts en présence du chef du gouvernement italien, ainsi que des présidents des deux assemblées parlementaires italiennes, des membres du Conseil fédéral du PR, de 150 parlementaires non italiens issus de 27 pays et de 50 parlementaires italiens appartenant à toutes les tendances politiques sauf l'extrême droite.
280 citoyens non parlementaires venant de 38 pays différents étaient présents, ainsi que 1.380 Italiens.
Dans leur allocution d'ouverture, les représentants des organes du parti ont décrit la situation: l'extraordinaire réponse de l'Europe de l'Est au projet radical et le manque complet d'un équivalent du côté des riches nations occidentales - en particulier de l'Italie - la "nécessité technique" pour la survie du PR de 30.000 inscrits italiens. Le Congrès a été appelé à se prononcer sur l'évolution du nouveau caractère transnational et transpartite.
Les six commissions du Congrès: "Fédéralisme, nationalité et démocratie linguistique"; "La campagne parlementaire contre la peine de mort "; "Développement démocratique et humain et Environnement"; "Antiprohibitionnisme de la drogue"; "Nouveau droit international, paix et sécurité", "Nouveaux règlements statutaires".
L'approbation de la proposition de statut présentée par le secrétaire Sergio Stanzani. Une nouvelle règle de liberté, de démocratie, qui tient compte des exigences de la nouvelle réalité transnationale et transpartite. La motion approuvée. La vie du PR dépendant du seuil nécessaire des trente mille inscrits en Italie. Le Congrès a élu Emma Bonino et Paolo Vigevano comme secrétaire et trésorier. Ils entreront en fonction à la mi-mai. Avant cette date, l'assemblée des parlementaires inscrits au PR et le Conseil général, organes prévus par les nouveaux statuts, devront être convoqués.
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La deuxième session du XXXVIe Congrès du Parti radical s'est tenue à Rome du 4 au 8 février dernier.
Le Président du conseil italien, Giuliano Amato, et le PR ont tout mis en oeuvre pour que le maire de Sarajevo, Mohamed Kreselvjakovic, membre du PR, puisse quitter sa ville assiégée et ouvrir les travaux du Congrès. Pour cette raison, Emma Bonino et Sergio Stanzani s'étaient également rendus à Sarajevo au cours des jours précédents. Le maire de Sarajevo était "prisonnier de la politique", comme il s'est défini par la suite.
(LE PARTI NOUVEAU, MARS 1993)
Les participants au Congrès
Les travaux ont été ouverts par la lecture des rapports du
Secrétaire du parti, Sergio Stanzani, ainsi que du Trésorier, Paolo Vigevano. Etaient présents le chef du gouvernement italien Giuliano Amato; les présidents des deux Chambres italiennes, Giovanni Spadolini et Giorgio Napolitano; le Premier ministre macédonien Branko Crvenkovski; le maire de Rome, Franco Carraro, socialiste, inscrit au PR; les ambassadeurs du Burkina Faso, de la Grande Bretagne, d'Israël, des Pays-Bas; des représentants des ambassades d'Afrique du Sud, d'Albanie, de Belgique, du Cameroun, de Côte d'Ivoire, de Croatie, d'Espagne, des Etats-Unis, de France, de Grèce, de Hongrie, de Lituanie, du Mozambique, du Pérou, de Pologne, de Russie, de Slovaquie, de Slovénie et de Suisse. 150 parlementaires non italiens, représentant 8O partis nationaux, étaient également présents - le maire de Rome leur a rendu hommage en les recevant à l'Hôtel de ville du Capitole le 7 au matin - ainsi que 50 représentants italiens, issus de toutes les formations politiques à l'exception de l'extrême droite. Tous membr
es du Conseil fédéral du PR.
Les parlementaires non italiens étaient ressortissants des pays suivants: Albanie, Arménie, Azerbaïdjan, Bolivie, Bosnie-Herzégovine, Bulgarie, BurkinaFaso, Côte d'Ivoire, Croatie, Estonie, France, Géorgie, Kazakhstan, Kosovo, Lettonie, Lituanie, Macédoine, Mali, Moldavie, Pays Bas, Pologne, Roumanie, Russie, Sénégal, Serbie, Tchéquie, Ukraine.
280 citoyens non parlementaires, inscrits ou non, étaient aussi présents, provenant, outre des pays sus-mentionnés, de: l'Allemagne, l'Autriche, la Belgique, la Biélorussie, l'Espagne, les Etats-Unis, la Hongrie, l'Iran, Israël, le Kirghizistan et le Portugal. Les Italiens non parlementaires présents au Congrès étaient 1360.
Situation du Parti
La motion de la première session du Congrès confiait aux organes du parti, le Secrétaire et le Trésorier, ainsi qu'aux présidents du parti et du Conseil fédéral, Emma Bonino et Marco Pannella, la tâche de refonder le PR et de déterminer les possibilités de dynamiser et de structurer le Parti nouveau, à l'aune de son caractère transnational et transpartite nouvellement conquis.
Les rapports de Sergio Stanzani et de Paolo Vigevano dans le cadre des discussions du Congrès, de même que les documents qui y ont circulé, ont amené l'assemblée à se poser le principal problème: il n'y a pas d'équivalence proportionnelle entre les nombreuses réponses venues des parlementaires et des citoyens de l'Europe de l'Est - 7.778 inscrits en 1992, dont 300 parlementaires appartenant à 80 partis nationaux - et celles en provenance de l'Occident, et en particulier de l'Italie. Au début du Congrès, il n' y avait en effet que 1500 adhérents en Italie, ce qui est totalement insuffisant étant donné, d'une part, l'endettement du parti (environ 4 millions de dollars fin janvier 1993) et, d'autre part, le besoin d'autonomie et d'autofinancement pour la réalisation de ses objectifs. Si la situation n'évolue pas rapidement, soutiennent Stanzani et Vigevano, le parti va se trouver dans la nécessité de vendre le siège de Rome afin de faire face aux engagements pris avec les créanciers et d'éviter une faillite pol
itique et économique.
Depuis plus d'un an, les organes du parti avaient indiqué le seuil des 30.000 inscrits en Italie comme étant la condition technique nécessaire pour donner vie aux actions transnationales, à ses projets, et mobiliser les parlementaires du monde démocratique autour de quelques objectifs précis et ponctuels. Cette "condition technique", cette condition préalable a été rappelée dans tout ce qu'elle a de dramatique par le secrétaire et le trésorier, devant tous les congressistes et l'opinion publique italienne tout entière.
Nouveaux règlements statutaires
Sergio Stanzani a insisté entre autres sur un point: la nécessité pour le parti de se doter de nouveaux statuts. La nouvelle dimension transnationale et transpartite rendait en effet nécessaire la révision des statuts dont le PR s'était doté en 1967. Tout en conservant intacts les principes qui avaient animé la vie italienne du parti, il était devenu indispensable de prendre en compte de nouvelles réalités propres à une organisation qui veut opérer en dépassant et traversant les frontières nationales et communiquer sur tous les continents. Le parti entend bien mettre en place les moyens et les outils nécessaires pour que puissent être entreprises des actions communes dans le plus grand nombre possible de parlements, pour que ses membres soient dans la possibilité de participer à la vie du parti, et que soient préservées les conditions de liberté et de démocratie à la base du contrat signé lors de l'inscription. Pour toutes ces raisons, le secrétaire a présenté au Congrès une proposition de nouveaux statuts p
our le Parti transnational, qui a été discutée dans une commission créée à cet effet et approuvée ensuite par le Congrès.
Les six commissions
Les deux jours suivant l'ouverture des travaux ont été consacrés aux réunions de cette commission ainsi que de cinq autres, intitulées: "Fédéralisme et Nationalité: droits civils, politiques, droits des minorités et démocratie linguistique"; "La campagne parlementaire mondiale pour l'abolition de la peine de mort avant l'an 2000"; "Développement démocratique et humain et Environnement"; "Nouvelles règlementations dans la prohibition de la drogue"; "Nouveau droit international, paix et sécurité". Les débats au sein des commissions ont compté de nombreuses interventions, venant surtout des non Italiens. Les rapporteurs pour le Congrès ont été: Marino Buschadin, Sergio D'Elia, Olivier Dupuis, Danilo Quinto, Maurizio Turco, conseillers fédéraux du PR et Mario Signorino, président de la section italienne des Amis de la Terre.
Les décisions
Le débat - interrompu samedi matin par la "Conférence pour la constitution d'une Ligue contre la peine de mort" - a été très passionné et intense, quelquefois dramatique aussi, étant donné la décision que devait prendre le Congrès sur la poursuite ou la cessation des activités du PR.
Toutes les décisions justement furent prises le 8 février, dernier jour des travaux. D'abord, les délibérations qui ont voté la proposition sur les statuts présentée par le secrétaire. Ensuite, l'approbation du bilan du parti pour 1992 et la motion du Congrès, que vous pouvez lire dans son intégralité. Enfin, l'élection des organes du parti. Emma Bonino et Paolo Vigevano ont été élus respectivement secrétaire et trésorier. La motion stipule leur entrée en fonction à la mi-mai, à la condition que le seuil des 30.000 inscrits en Italie aura été atteint. A cette date, l'Assemblée des parlementaires inscrits au PR devra être convoquée, élira son président et choisira avec le Conseil général le Président du parti.
Les travaux se sont conclus par l'élection des 60 membres du Conseil général, auxquels viendront s'ajouter les quarante membres élus lors de la réunion conjointe des deux nouveaux organes du parti.