SOMMAIRE: Extrait de l'allocution de Mario Raffaelli lors de la deuxième session du Congrès du PR. Ancien sous-secrétaire aux Affaires étrangères du gouvernement italien et membre socialiste de l'Assemblée des parlementaires du PR, Raffaelli est président mandaté par la CSCE pour la conférence de paix sur le Nagorny-Karabakh.
(LE PARTI NOUVEAU, MARS 1993)
L'attention accordée par la presse internationale au conflit dans le Nagorny-Karabakh n'a pas été à la mesure de son importance. En effet, il s'agit d'un conflit majeur non seulement parce qu'il est la cause de souffrances indicibles mais aussi parce qu'il entraîne l'hostilité des populations envers les membres d'une ethnie opposée. Ce conflit a provoqué un important dérèglement des rapports commerciaux des pays les plus directement concernés, à savoir l'Arménie et l'Azerbaïdjan.
Cette guerre porte en elle le danger d'une déstabilisation de toute la zone du Caucase et risque d'entraîner dans une escalade terrible des pays qui, directement ou indirectement, ont des intérêts dans cette zone, la Turquie, l'Iran et aussi la Russie.
Depuis qu'existe la CSCE, c'est la première fois que nous avons la possibilité, avec cet outil, de prévenir des crises et de les gérer directement.
Depuis la fin d'un partage bipolaire du monde et l'abandon du langage qui en est issu, il n'est plus possible d'exercer un certain contrôle sur les conflits, même en pratiquant un équilibre injuste, ni de les gérer quand ils éclatent.
De ce nouveau désordre, il importe de sortir en trouvant un équilibre consensuel auquel puissent participer non seulement les gouvernements mais aussi les populations. Les zones où la crise est la plus manifeste sont celles où surviennent, outre des problèmes liés au passage d'un régime fort à un autre, ceux que posent les rapports entre des nationalités et des ethnies différentes. En général, ces crises sont également déterminées par l'apparition d'une nouvelle politisation de l'appartenance ethnique, pratiquement considérée comme une valeur-refuge où trouver ses racines, dans un monde en proie au désordre et au changement. Une telle exigence ne doit pas être rendue coupable de tous les maux. Il faut au contraire apprendre à la gérer en créant des situations politiques mais surtout des culturelles, où l'on juge la différence comme une richesse qu'il faut savoir utiliser et non comme une réalité à combattre. Pour gérer de telles situations, il est nécessaire de créer des outils nationaux et internationaux et
d'agir dans un esprit de dialogue, de tolérance et de respect des cultures.
Tout au long du conflit dans le Nagorny-Karabakh, les nations européennes ont réagi bien souvent de manière négative, trahissant leurs promesses et privilégiant leurs propres intérêts au détriment de ceux des peuples plus faibles.
Il est très important que l'effort accompli au sein d'organes internationaux s'accompagne d'une préoccupation idéologique, politique et culturelle que seul un travail patient et continu peut rendre possible. C'est pourquoi des opportunités telles que celle du Congrès transnational du Parti radical sont fondamentales.