SOMMAIRE: Dans le monde, les tendances en matière de drogue ne cessent d'adopter la voie politique de la prohibition. Cette conduite mène à la désinformation, à l'affairisme et à une attitude réactionnaire semblables à ceux qui ont semé la violence et le jugement arbitraire aux Etats-Unis dans les quinze-vingt dernières années. L'expansion de la drogue est continue, depuis l'ancienne URSS jusqu'à l'Amérique latine en passant par l'Afrique.
Les gouvernements nationaux réintroduisent la peine de mort et la prison à perpétuité; ils dépensent inutilement des sommes immenses pour la reconversion des cultures et refusent d'évaluer concrètement les coûts humains, civils, économiques, politiques et sociaux de l'échec du prohibitionnisme. L'agression contre le libéralisme, l'Etat de droit et l'esprit de tolérance est sans précédent. Le Parti radical aura-t-il la force de promouvoir une "campagne ONU" dont l'objectif serait de mener, dans un grand nombre de pays et en un temps déterminé, un vrai débat contradictoire sur la question du prohibitionnisme ou de l'antiprohibitionnisme?
(LE PARTI NOUVEAU, MARS 1993)
Vanna Barenghi, l'une des promotrices de la "Troisième conférence des villes européennes" ayant adhéré à la "Résolution de Francfort", présidente du Co.R.A. (Coordination radicale antiprohibitionniste), l'association du Parti radical qui se bat en Italie pour faire voter de nouvelles réglementations en matière de drogue: "Je ne me rappelle plus qui, lors d'un débat auquel j'ai participé il y a longtemps, a comparé les gouvernements occidentaux dans leur attitude envers la drogue à quelqu'un qui, devant un réacteur nucléaire qui est en train d'éclater, continue d'essayer d'attraper avec un filet le nuage qui en sort, au lieu de courir fermer le réacteur. Et bien, il me semble que cette image cadre parfaitement avec ce qui se passe pour le trafic de drogue. Ce qu'il faut faire, c'est précisément arrêter le réacteur et légaliser les drogues; arrêter d'essayer d'attraper les nuages comme on l'a fait jusqu'à présent".