Radicali.it - sito ufficiale di Radicali Italiani
Notizie Radicali, il giornale telematico di Radicali Italiani
cerca [dal 1999]


i testi dal 1955 al 1998

  RSS
mer 29 apr. 2026
[ cerca in archivio ] ARCHIVIO STORICO RADICALE
Archivio Partito radicale
Berti Marco, Bonino Emma - 16 luglio 1993
BONINO: »LE DEFI EST CONSTRUIRE UN MEILLEUR ORDRE MONDIAL
Sofia, ouverture des travaux du conseil général et de l'assemblée des parlementaires transnationaux.

Marco Berti

SOMMAIRE: La convocation à Sofia de l'Assemblée des députés radicaux et du Conseil général (15-18 juillet 1993) représente le point de départ du défi transnational du Pr. La nécessité de construire un nouvel ordre international, d'accroître le rôle de l'ONU et de démocratiser ses structures et ses procédures de décision. Les premières campagnes politiques du Pr: constitution du tribunal international pour les crimes de guerre commis en ex-Yougoslavie, abolition de la peine de mort avant l'An 2000, création d'une Assemblée parlementaire des Nations Unies.

(IL MESSAGGERO, Ed. Abruzzes, 16 juillet 1993)

Sofia - Le futur du Parti radical commence à Sofia. C'est ici, dans la capitale bulgare, que seront tracées les lignes opérationnelles le long desquelles le Parti transnational agira. En partant d'un fondement: la politique internationale est en crise. Une crise aggravée par ce que les radicaux définissent comme »l'état de confusion" de la politique étrangère des Etats-Unis, à cause des choix de l'administration Clinton, et de la Russie, à cause de ses problèmes intérieurs. Depuis hier et jusqu'à dimanche Sofia accueille le Conseil général et l'Assemblée des 400 parlementaires radicaux venant de plus de cinquante pays. Le nouveau secrétaire Emma Bonino (1), à son premier grand rendez-vous après le Congrès de février, illustrera les projets du Parti transnational.

Madame le Député, l'heure est finalement arrivée de faire comprendre aux 30 mille italiens qui ont contribué à l'époque à faire vivre le Parti radical s'ils ont bien dépensé leur argent.

BONINO: »La question, comme elle est posée, ne me plaît pas. Je considère que nous avons beaucoup fait ces derniers mois et que les 37.000 nouveaux inscrits le savent bien. Les résultats sont là, et on les verra bientôt... Le fait d'avoir organisé l'Assemblée de Sofia est déjà un grand succès: 400 députés de plus de 30 pays, plus 60 membres élus par le Congrès de février au Conseil général du Parti se trouvent à Sofia pour discuter de thèmes dont l'intérêt est énorme. Un événement, je dirais exceptionnel.

Pourquoi avoir choisi Sofia pour les travaux du Conseil général?

BONINO: »Sofia est un des centres géographiques et politiques des Balkans. Ici, à quelques kilomètres de certains Pays encore totalitaires comme la Serbie ou qui viennent de sortir du totalitarisme, on discutera de la Yougoslavie et de la crise de l'ONU mais aussi du projet pour l'abolition de la peine de mort dans le monde avant l'An 2000... Nous pensons qu'il soit très important que l'opinion publique des pays des Balkans et de l'Est ex-communiste puisse suivre "en direct" les travaux de cette Assemblée. Dans les Pays de l'Est, l'Occident est identifié avec les privatisations et le marché, avec le luxe des économies de l'automobile, peut-être même avec Tangentopoli (2), un peu moins (et cette fois même avec raison) avec la démocratie de la justice, de la liberté, de la responsabilité, de l'humanisme .

Vous dîtes que le nouvel ordre mondial risque de reproduire les mêmes souffrances et les mêmes injustices qu'autrefois. Ne pensez-vous pas que l'enjeu soit trop élevé pour le »petit Parti radical?

BONINO: Il serait trop élevé pour n'importe quel autre parti. Mais nous l'avons accepté. Il y a quelques jours, Occhetto (3) s'est précipité au Congrès des socialistes français, pour supplanter le Parti socialiste de Del Turco et gagner une place au soleil dans l'Internationale socialiste; il le fait à un moment où l'Internationale ne compte plus rien. Nous, nous sommes à Sofia avec des projets qui favorisent justement l'ordre international. Prenez le "projet Danube": nous proposerons un Traité ou une Convention internationale pour la gestion économique, mais aussi environnementale et culturelle, du système hydrique et fluvial qui a justement comme axes le Danube et le Rhin, et qui intéresse beaucoup de pays européens, y compris l'Italie. Un projet gigantesque, aux forts contenus démocratiques outre qu'économiques

Votre symbole est aujourd'hui le visage de Gandhi, prophète de la non-violence. Vous n'avez pas l'impression que ce soit une arme émoussée face à ce qui est en train de se passer, par exemple, en ex-Yougoslavie?

BONINO: »Vous aussi, vous ne faites pas de distinction entre la non-violence gandhienne et le vieux pacifisme. C'est le pacifisme qui a été vaincu, pendant la guerre du Golfe, et ensuite en Yougoslavie, et qui ne survit que grâce à quelques initiatives "humanitaires, bien sûr dignes d'éloges. Nos propositions ont une forte valeur politique: pour rester aux Balkans, nous travaillons intensément par ex. à l'isolement international de la Serbie de Milosevic et à une défense garantie du Kosovo et de la Macédoine contre les possibilités d'attaque et d'invasion. Si les 400 parlementaires présents sauront agir...

Quelles seront les premières initiatives radical après Sofia?

BONINO: »L'Assemblée décidera les priorités: outre que les questions du Danube et de l'ancienne Yougoslavie, notre objectif est d'accroître le rôle de l'ONU dans la défense de la paix dans le monde. L'ONU devra être dotée d'une force directe, militaire et civile, qui la libère des conditionnements des Etats (comme cela se passe en Somalie). Et toujours pour l'ONU, nous voulons aussi l'institution d'une Assemblée, formée de parlementaires des Pays membres, qui fasse augmenter le taux de démocratie de l'organisation et de sa politique. Nous ferons donc pression pour la constitution du Tribunal international permanent pour les crimes contre l'humanité et du Tribunal pour les crimes commis en ex-Yougoslavie. Et ensuite il y a les questions de l'abolition de la peine de mort avant l'An 2000, du Sida, et même le projet de faire de l'espéranto une véritable langue internationale, "neutre" et non hégémonique .

La campagne »Que personne ne touche à Caïn , pour l'abolition de la peine de mort avant l'An 2000, est très suggestive. Mais ça ne vous parait pas une pure utopie?

BONINO: »Si c'est une utopie, elle a les pieds sur terre. Nous les "abolitionnistes" nous avons déjà obtenu un gros succès. En approuvant le statut du Tribunal pour les crimes en ex-Yougoslavie, le Conseil général de l'ONU a établi, en accueillant la proposition italienne et la nôtre, qu'aucun crime, aucune peine infligée au pire criminel ne puisse prévoir la peine de mort. A présent, notre objectif est une Résolution qui fixe les délais dans lesquels la peine de mort doit être exclue des législations nationales .

-----

N.d.T

1 - BONINO EMMA. (Bra 1948). Président du Parti radical, membre à plusieurs reprises du parlement européen, plusieurs fois député italien à partir de 1976. Parmi les promoteurs du Cisa (Centre Information sur la Stérilisation et l'Avortement), et militante active dans la bataille contre l'avortement clandestin, elle subit un procès à Florence et fut acquittée. Elle a participé à la conduction, même au niveau international, de la campagne sur la Faim dans le Monde. Parmi les membres fondateurs de "Food and Disarmament International", elle s'est occupée de la diffusion du Manifeste des Prix Nobel.

2 - TANGENTOPOLI. Littéralement: "La cité des pots-de-vin".

C'est le nom qui a été donné au scandale des pots-de-vins payés à des hommes politiques par des chefs d'entreprise à titre personnel et pour financer leur parti. A peu près tous les partis politiques y sont impliqués. Milan est le centre de cette enquête de grosse envergure, mais petit à petit d'autres enquêtes s'ouvrent dans toute l'Italie.

3 - OCCHETTO ACHILLE. (Turin 1936). Homme politique, italien. Premier exposant de la gauche fidèle à Ingrao, passé ensuite au centre de Berlinguer, devenu secrétaire du Parti communiste italien (PCI) en 1988 succédant à Alessandro Natta. Après avoir lancé l'idée d'une grande "Constituante" de la gauche ouverte à toutes les forces réformatrices, il s'est ensuite replié uniquement sur le changement de nom du parti ("Parti Démocrate de la Gauche").

 
Argomenti correlati:
stampa questo documento invia questa pagina per mail