Radicali.it - sito ufficiale di Radicali Italiani
Notizie Radicali, il giornale telematico di Radicali Italiani
cerca [dal 1999]


i testi dal 1955 al 1998

  RSS
mer 29 apr. 2026
[ cerca in archivio ] ARCHIVIO STORICO RADICALE
Archivio Partito radicale
Mangalakova Tania, Bonino Emma - 8 settembre 1993
L'HYPOCRISIE EST GENERALE A L'EGARD DE LA NOUVELLE FEDERATION
Interview de Tania Mangalakova à Emma Bonino

SOMMAIRE: La secrétaire du PR est interviewée sur son voyage à Sarajevo et sur l'initiative pour permettre au maire de cette ville de venir en Italie, sur la campagne pour la non-reconnaissance de la nouvelle fédération Yougoslave, sur la situation dans le Kosovo et sur la "fédération des Balkans".

(Interview publiée dans le numéro 36 du 8 septembre 1993 de l'hebdomadaire bulgare "Makedonia", organe du VMRO - Union des associations macédoniennes)

Emma Bonino, 45 ans, italienne, député de la "Lista Pannella". Elle est entrée en politique avec l'initiative contre l'avortement clandestin en Italie et elle est co-initiatrice de la campagne pour l'Italie sans bases nucléaires. Elle fait partie de la direction du Parti radical transnational, et elle se consacre aux problèmes de l'ex-Yougoslavie et à la cessation des conflits dans les Balkans.

- Madame Bonino, au début du mois de janvier vous avez rencontré le maire de Sarajevo. Donnez-nous plus de détails sur cette mission difficile.

- J'avais lu dans la presse que le maire de Sarajevo avait adressé un appel à la communauté internationale, pour demander qu'on l'aide à sortir de Sarajevo pour visiter les capitales européennes et lancer une campagne d'information sur la situation dans cette ville. Il expliquait qu'il ne pouvait pas sortir de Sarajevo, comme s'il était prisonnier. J'ai pensé qu'on ne pouvait pas tolérer cette situation et que ce maire ne pouvait être prisonnier de personne. Ça me paraissait absurde. C'est pourquoi j'ai décidé d'établir un contact direct avec le maire et d'aller à Sarajevo comme journaliste. Je suis arrivée à Sarajevo: à l'aéroport il faisait très froid et je n'ai pas réussi à aller en ville parce que c'était très dangereux et qu'il n'y avait pas de véhicules de l'UNPROFOR. Finalement, quelques heures plus tard, je suis arrivée en ville, dans un hôtel sans eau ni électricité, où logeaient les journalistes étrangers. A la réception, voyant ma carte du Parti radical, une des demoiselles m'a dit qu'elle aussi é

tait inscrite à ce parti. je lui ai expliqué que j'étais venue à Sarajevo pour voir le maire et elle m'a mis en contact avec lui. Nous nous sommes rencontrés la nuit. De retour à Rome, je me suis adressée à un fonctionnaire du gouvernement, en lui disant que la situation était désormais intolérable. Quelque jours plus tard, étant donné que l'Italie n'a pas d'avions de l'UNPROFOR, notre gouvernement décida d'envoyer un avion gouvernemental pour aller chercher le maire. Un avion militaire est parti pour Sarajevo avec la mission de prendre le maire et de revenir à Rome. Et le maire a pu ainsi expliquer à la presse internationale la situation à Sarajevo. Notre gouvernement a demandé à l'administration américaine un avion de l'UNPROFOR pour ramener le maire à Sarajevo. Le maire est inscrit à notre parti.

- Comment le Parti radical fait-il pour communiquer avec les pays de l'ex-Yougoslavie où vous avez des inscrits?

- Généralement, nous communiquons très difficilement: certains militants courent de grands risques en voyageant dans ces pays. Des camarades vont à Prishtina, dans le Kosovo et à Belgrade pour établir des contacts. En outre, à Prishtina nous avons un bureau avec un ordinateur, ce qui fait que nous pouvons communiquer à n'importe quelle heure.

- Pensez-vous trouver un soutien à votre initiative pour la non-reconnaissance de la nouvelle Yougoslavie?

- Le problème est très simple. Formellement la Yougoslavie n'est reconnue par personne. Elle n'est pas membre de l'ONU. Mais il y a une hypocrisie générale, vu qu'elle n'est pas membre, mais tous les états ont leur ambassade et la situation n'est pas normale en termes politiques, et hors des normes également en termes juridiques. Si la nouvelle Yougoslavie n'est pas membre de l'ONU, on interrompt les rapports diplomatiques, et c'est tout. Par conséquent nos pays ne doivent pas avoir d'ambassades dans une chose qui n'existe pas. Nous avons dit que pour être reconnue, la Yougoslavie devrait respecter les règles et reconnaître la Macédoine, la Croatie, la Bosnie et respecter les minorités. Tant que la Serbie ne respectera pas tout cela, elle ne sera reconnue ni 'de facto', ni 'de jure'.

- Croyez-vous que le déploiement de forces de l'ONU dans le Kosovo pourra éviter un conflit armé?

- Il est certain que le problème est à présent dans le statut de l'ONU et dans le fait que ses forces ne peuvent être déployées dans le pays, mais à la frontière entre la Bosnie et la Yougoslavie, par exemple. Mais le Kosovo est une région de la Serbie et ça créera un précédent. La question posée au Conseil de Sécurité de l'ONU est aussi celle du pays en cause, du moment qu'il n'est pas reconnu. La contradiction est dans le fait que le Kosovo fait partie d'un pays qui n'est pas reconnu et s'il y avait une campagne pour créer un précédent dans le Kosovo, ce sera possible.

- C'est de vous que vient l'initiative pour la constitution d'une confédération balkanique. Est-ce-que ce n'est pas une utopie?

- Ca peut paraître une utopie, mais c'est la seule perspective qui puisse être efficace. Aujourd'hui tout le monde s'organise en confédérations, pas seulement en Europe, mais aussi aux Etats-Unis, au Canada et au Mexique. D'une part il y a le marché européen, de l'autre le marché commun entre le Canada, les Etats-Unis et le Mexique. En faveur des intérêts économiques communs, il y a l'idée d'une confédération des Balkans, pas entre un pays dominant et d'autres pays opprimés, mais entre pays qui aient les mêmes droits et qui cherchent des intérêts communs dans d'autres secteurs. Il me semble que ce soit la seule voie possible pour régler les tensions. Du point de vue psychologique, on comprend la crainte que les pays dans cette confédération seraient opprimés par Belgrade ou par Moscou et que le seul instrument pour surmonter les contradictions serait l'autonomie nationale. Mais l'Etat national ne peut pas résoudre tous les problèmes - par exemple en termes économiques. L'idée de la confédération entre états

de droits égaux correspond à l'An 2000.

- Mais dans la péninsule balkanique il y a de vieilles contradictions entre les états.

- Oui, mais la seule façon de résoudre les contradictions c'est d'essayer de les surmonter, et de ne pas se contenter de les contempler. S'il n'y a pas l'ambition de surmonter les crises internes, ces dernières exploseront et continueront à exploser toujours plus dangereusement.

-----

N.d.T

1 - BONINO EMMA. (Bra 1948). Secrétaire (élue en 1993) et Président du Parti radical (1992-1993), membre à plusieurs reprises du parlement européen, plusieurs fois député italien à partir de 1976. Parmi les promoteurs du Cisa (Centre Information sur la Stérilisation et l'Avortement), et militante active dans la bataille contre l'avortement clandestin, elle subit un procès à Florence et fut acquittée. Elle a participé à la conduction, même au niveau international, de la campagne sur la Faim dans le Monde. Parmi les membres fondateurs de "Food and Disarmament International", elle s'est occupée de la diffusion du Manifeste des Prix Nobel.

 
Argomenti correlati:
stampa questo documento invia questa pagina per mail