Tout de suite le ministère public pour rendre effective la Résolution 827 du Conseil de Sécurité des Nations Unies qui crée un Tribunal ad hoc.SOMMAIRE: Editorial du numéro de "1994, Le quotidien radical" consacré au Tribunal ad hoc sur la ex-Yougoslavie. Personne - y affirme-t-on - ne s'est rendu compte de la décision prise par le Conseil de Sécurité des NU d'instituer le Tribunal. On pensa qu'il s'agissait de l'énième résolution sans suite". Mais le tribunal pourra finalement entamer ses travaux: une chose que l'on craint beaucoup chez ceux qui voudraient continuer à "négocier" avec les mêmes hommes qui sont "accusés de génocide", et à "ne pas signer" le partage de la Bosnie en trois. Les efforts continuent donc pour faire échouer le Tribunal: "l'interminable partie d'échecs sur les candidatures pourrait aboutir à un choix hâtif...". Les objectifs du PR [...] sont qu'on élise, tout de suite, le ministère public, et que l'on fournisse au Tribunal ad hoc les instruments nécessaires..."
(1994 - LE QUOTIDIEN RADICAL, 25 octobre 1993)
Lorsque, le 25 mai de cette année, le Conseil de Sécurité décida d'instituer le Tribunal international ad hoc sur les crimes commis en ex-Yougoslavie, aucun parmi les 15 représentants assis autour de cette table ne sembla se rendre compte du pari qui avait été lancé. La plupart des Etats membres pensaient sans doute n'avoir donné en pâture à l'opinion publique que l'énième résolution sans suite. Le déroulement du conflit en Bosnie-Herzégovine, l'échec des pourparlers diplomatiques à Genève, la pression de l'opinion publique internationale ont beaucoup fait évoluer la situation dans les derniers mois. Le Tribunal ad hoc pourrait réellement s'installer à La Haye, malgré les obstacles. Mais pourquoi le Tribunal sur la ex-Yougoslavie semble-t-il être si dangereux pour une partie de la communauté internationale? Essentiellement parce qu'il dérange la Realpolitik qui a dans la conférence de Genève sa dernière manifestation. Instruire un procès qui amène à la barre les Karadzic, les Milosevic, les Boban obligerait
à ne plus négocier avec ces mêmes hommes qui sont accusés de génocide, à ne plus signer le partage (ethnique) en trois de la Bosnie-Herzégovine. La tentative en cours de la part du front "anglo-français" est donc celle de ralentir l'entrée en fonction du Tribunal pour réussir à signer une paix, quelle qu'elle soit. Les instrument sont divers: avant tout ralentir la réalisation des engagements de la résolution 827, et ensuite - une fois le Tribunal installé - rendre son travail difficile. Des exemples? Les onze juges qui forment la Cour ont été élus après de fortes tensions entre les Etats occidentaux et islamiques. Et le résultat n'a pas été des meilleurs. l'histoire du choix du ministère public a été, si possible, encore plus pénible. D'abord l'élimination grâce au veto anglo-français de Cherif Bassiouni, candidat non seulement de Boutros Ghali, mais de ceux qui voulaient un procureur général qui, connaissant déjà la moisson de preuves documentaires, pouvait instruire le procès en peu de temps. Puis le blac
kboulage de la part des Pays non-alignés du candidat "occidental", l'indien Soli Sorabyee. L'interminable partie d'échecs sur les candidatures pourrait se terminer par un choix hâtif, fait juste à temps pour permettre au ministère public de ne pas arriver totalement dépourvu à la première réunion des onze juges, prévue pour le 17 novembre.
Les objectifs du Pr, à ce point, sont qu'on élise, et tout de suite, le ministère public, et que l'on fournisse au Tribunal ad hoc les instruments financiers nécessaires pour travailler. Pour qu'au mois de décembre, finalement, on puisse juger les criminels.