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Pannella Marco - 26 novembre 1993
AFRIQUE: Vous êtes complices de ceux qui soutiennent que les africains ne sont pas capables de démocratie

Intervention de Marco Pannella au PE du 30 octobre 1985

SOMMAIRE: Depuis des années le PE s'occupe de l'Afrique australe et de la ségrégation raciale, mais a-t-il vraiment choisi "la meilleure façon d'affronter le problème"? En la jugeant dans son "contexte africain", et en n'oubliant pas ce qui s'est passé en Algérie, au Liban, et en Extrême Orient avec les révolutions armées et violentes, nous devons tenir compte malgré tout du fait que l'"apartheid" garantit une certaine liberté de droits humains. Dans d'autres pays africains, la situation des "droits de l'homme" est infiniment pire. En agissant et en discriminant comme nous sommes en train de le faire, en réalité nous faisons du "racisme eurocentrique". Il faut avertir l'ANC qu'il doit renoncer à sa "position... terroriste".

(1994 - LE QUOTIDIEN RADICAL, Spécial Parlement européen, 26 novembre 1993)

Monsieur le Président, s'il existe un problème dont nous nous occupons souvent, c'est certainement celui de l'Afrique australe et de la ségrégation raciale.

Je me demande si tant de discussions, tant d'attention ont servi à quelque chose. Depuis une dizaine d'années le Parlement se prononce trois ou quatre fois par an: le moment ne serait-il pas venu de nous demander si nous avons choisi la meilleure façon d'affronter le problème?

Le fait est, Monsieur le Président, qu'il faut considérer cette situation dans le contexte africain beaucoup plus que nous n'avons l'habitude de le faire. Le président de la Tanzanie, Nyerere, a parlé du problème des tribus blanches en Afrique du Sud, dont les traditions et dont la volonté doivent être respectées dans le cadre d'une nouvelle organisation de l'Afrique australe. Je crois que si nous réfléchissons à ce qui s'est passé en Algérie d'abord et à ce qui s'est passé ensuite, et à ce qui est en train de se passer encore aujourd'hui malheureusement, au Liban, cette préoccupation du président Nyerere prendra davantage d'intérêt: il faut donc lui accorder toute notre attention. Il faut, en outre, surtout à gauche, chers camarades et collègues, réfléchir sur ce que nous avons fait, sur ce qui s'est passé en Extrême Orient, par rapport à nos positions et aux choix que nous avons accomplis en soutenant les luttes armées de libération.. Nous ne devons pas oublier notre, ou votre capacité de comprendre les mo

uvements nonviolents, comme ceux des bouddhistes et d'autres mouvements en Indochine, et ensuite au Vietnam, qui ont essayé d'attirer notre attention sur le fait qu'il pouvait être dangereux pour le peuple de s'en remettre aux armes, à la violence, à la contre-violence ou à la révolution pour obtenir le respect de ses droits et l'indépendance.

La grande force de l'apartheid, sa force historique, celle contre laquelle se heurtent tous ceux qui la désapprouvent et la combattent, c'est que ce système garantit, même s'il est moralement condamnable, et comme je l'ai déjà fait remarquer dans beaucoup d'autres occasions, une certaine liberté. Ce que je dis pourra vous paraître atroce, mais c'est la vérité et vous ne pouvez pas continuer à vous comporter comme des autruches. Allez voir quelle est la situation des droits de l'homme au Burundi! On n'en parle jamais, sans doute parce que l'esclavage ou la discrimination est une affaire entre noirs et, d'un certain point de vue, ce que vous demandez en réalité aux sud-africains c'est ce que vous ne demandez pas, par racisme eurocentrique, à tous les africains. Voilà la terrible réalité. Si un sud-africain ne respecte vos déclarations sur les droits de l'homme, vous vous dressez contre ce crime. Mais quelle est la situation en Afrique centrale et ailleurs, à quelques rares exceptions près? Vous êtes complices

de ceux qui affirment que les africains ne sont pas capables de démocratie. Vous laissez le Sénégal s'arranger. Vous vous contentez de soutenir une forme de capitalisme au lieu de soutenir ceux qui ont essayé de faire progresser l'Afrique le long du chemin de la démocratie politique. Il existe des situations très graves: depuis quelques mois le terrorisme s'installe en Afrique, faisant beaucoup de victimes surtout parmi les africains. Vous voulez peut-être que la gauche dans trois, cinq ou sept ans doive reconnaître encore une fois qu'elle s'est trompée? Ne devons-nous pas peut-être dire franchement à l'ANC qu'il doit changer de position, surtout par rapport aux derniers temps, vu qu'il s'agit d'une position clairement terroriste? Ce n'est d'ailleurs pas un hasard si nous sommes souvent soutenus par la droite ou par l'Extrême droite qui ont fait preuve parfois d'une grande ardeur dans la lutte contre l'apartheid.

C'est sur tout cela qu'il faut réfléchir, monsieur le Président. Je crois que nos résolutions, et même les opinions des minorités qui y figurent, ne sont absolument pas suffisantes.

 
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