Un cortège à Rome pour le Tribunal contre les crimes de guerre.La voix de Sarajevo en Italie. Des journalistes bosniaques à Radio trois.
SOMMAIRE: Les objectifs de la marche de Pâques, organisée par le Parti Radical, par le Maire de Rome, Francesco Rutelli, par la Caritas Diocésaine et par Ne Touchez pas à Caïn (constitution du Tribunal Permanent pour les crimes contre l'humanité et le moratoire universel des exécutions).
(PAESE SERA, 6 mars 1994)
La voix de Sarajevo en Italie. Le Maire de Sarajevo, Muhamed Kresevljakovic fera tout pour être présent et pour faire en sorte que le gonfalon de sa ville ouvre la marche de Pâques, organisée par le Parti Radical, par le Maire de Rome, Francesco Rutelli, par la Caritas Diocésaine et par Ne Touchez pas à Caïn - Campagne de citoyens et de parlementaires pour l'abolition de la peine de mort avant l'An 2000. Les objectifs sont: la constitution du Tribunal Permanent pour les crimes contre l'humanité et le moratoire universel des exécutions.
Pendant que le Maire de Sarajevo intervenait à la conférence de presse qui s'est tenue vendredi dernier au siège du Parti Radical, à New York la V Commission permanente de l'Assemblée Générale de l'ONU renvoyait au 21 mars la décision relative au financement du Tribunal International qui doit juger les crimes commis en ex-Yougoslavie. Il existe un budget, déjà approuvé, de 33 millions de dollars. L'argent nécessaire pour que le Tribunal soit pleinement opérationnel reste disponible sur le papier, alors que restent encore impunis les massacreurs du marché de Sarajevo, les auteurs du nettoyage ethnique, des viols de masse, les "architectes" des fosses communes.
Le Tribunal International ad hoc sur la ex-Yougoslavie représente le premier pas pour réaliser le droit, le droit "à tout prix". Juger les auteurs des crimes commis en ex-Yougoslavie - et les juger sans avoir recours en aucun cas à la peine de mort - peut ne pas rester uniquement une résolution de l'ONU, mais devenir un pas de droit international obligatoire, coercitif vers la constitution d'un Tribunal Permanent, qui poursuive et condamne les violations des droits humains, où qu'elles soient commises.
Aussi bien le Statut du Tribunal ad hoc sur la ex-Yougoslavie que celui du Tribunal Permanent - qui devrait être discuté et approuvé par l'International Law Commission, dans la session de mai-juillet 1994, pour être ensuite remis à l'approbation définitive dans la session automnale de l'Assemblée Générale des Nations Unies - ne prévoient en aucun cas l'application de la peine de mort.
Les deux objectifs de la marche de Pâques, contenus dans un appel adressé au Pape, peuvent se résumer dans un slogan, de plus en plus actuel pour l'époque - pour certains aspects misérable - que nous vivons: le droit à la vie et la vie du droit. Obtenir le moratoire universel des exécutions et la constitution du Tribunal Permanent signifierait garantir la vie, le droit, la démocratie, la tolérance dans une société qui subit d'une part de plus en plus l'écart entre la connaissance et la décision politique et, de l'autre, voit renaître, dans cette fin de siècle, comme des fantômes qui prennent soudain corps, ses pires démons, que nous croyions enterrés pour toujours.
Les organisateurs de la marche de Pâques sont conscients du fait que seule une grande mobilisation et une grande participation à cette initiative, peuvent garantir la possibilité que dans les semaines et les mois qui suivent le jour où "l'Eglise catholique célèbre le triomphe de la vie sur la mort" - comme on lit dans l'appel - les conditions se créent pour la réalisation des deux objectifs.
Ce sera par conséquent une longue bataille, au cours de laquelle seront utilisés les instruments extrêmes de dialogue et de nonviolence active. Ceux qui le veulent peuvent adhérer au Comité "Il n'y a pas de paix sans justice", qui veut rassembler des adhésions sur les objectifs de la marche de Pâques. Les adhésions peuvent être envoyées au siège du Parti Radical, à Via di Torre Argentina 76 - 00186 Rome ou peuvent être communiquées par téléphone (06-689791) ou par fax (06-68805396). Que les maires, les citoyens, les parlementaires, les organisations humanitaires, les organisations nonviolentes, tous ceux qui croient dans la vie du droit et dans l'indisponibilité de la vie humaine, se mettent en contact avec nous.