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Bonino Emma - 7 agosto 1994
EX-YOUGOSLAVIE, RUANDA, NATIONS UNIES: SUSPENDRE LES EXECUTIONS
Lettre ouverte au Président du Conseil, par Emma Bonino (*)

SOMMAIRE. Emma Bonino décrit la situation tragique des réfugiés ruandais, obligés d'abandonner leur maison et leurs biens et menacés par de graves épidémies. Le nouveau régime tutsu a déjà menacé des représailles et des exécutions. Ainsi se répète une situation bien connue dans les pays d'Afrique, où les révolutions et les coups d'Etat se succèdent. Ainsi, pour le Ruanda aussi il faut l'institution du tribunal permanent pour les crimes contre l'humanité et la mise en acte du moratoire de la peine de mort, pour laquelle le Parlement italien a déjà exprimé un vote favorable. Mais à présent le gouvernement italien doit demander, avant le 20 août, sa mise à l'ordre du jour de l'assemblée des Nations Unies. Malheureusement, pour de bas calculs d'opportunité, le représentant du gouvernement au parlement a modifié le texte. C'est à présent au Président du Conseil de modifier le texte et donner une impulsion à l'initiative italienne.

(LA STAMPA, 7 août 1994)

Cher Président,

dans les prochains jours, si tout ira comme les événements laissent prévoir, des milliers de réfugiés ruandais qui ont d'abord échappé aux coups de machettes, et ensuite au choléra et à la déshydratation, seront refoulés dans les terres d'où ils proviennent. Le résultat de cette décision, sous beaucoup d'aspects nécessaire, produira toutefois deux conséquences néfastes. La première: le choléra et les autres maladies infectieuses qui ont tué des milliers de réfugiés, et qui n'ont pas été vaincues, se répandront dans tout le reste du territoire, achevant l'extermination. La deuxième: le nouveau régime, qui a adressé un appel pour que la population rentre, a déjà annoncé qu'il punira de façon exemplaire tous ceux qui se sont souillés des crimes les plus graves. On peut prévoir que des centaines de hutu seront exécutés, voire après un procès sommaire. C'est une chose qui se répète de façon cyclique dans les pays africains, chaque fois qu'un coup d'Etat fait place nette du vieux régime et le remplace par un autre

; chaque fois qu'une guerre civile éclate. Ces situations, à notre avis et comme il est écrit dans la résolution approuvée ces dernières heures par la Chambre et par le Sénat, représentent "une menace pour la sécurité mondiale et sont de la compétence du conseil de Sécurité sur la base du chapitre VII de la Charte des Nations Unies".

Pour le Ruanda, comme pour la ex-Yougoslavie, il faut l'institution d'un tribunal international qui s'occupe de poursuivre les coupables d'atrocités terribles, subordonnant le principe de non-intervention dans les affaires d'un Etat au respect de la dignité et des droits de l'homme. Un tribunal qui n'ait recours en aucun cas à la peine de mort, comme c'est déjà le cas pour le tribunal ad hoc sur la ex-Yougoslavie, et comme ce sera le cas pour le tribunal permanent, d'après le projet qui a été préparé pour être approuvé par l'Assemblée Générale de l'ONU, dont les travaux commencent en septembre. Répondant parfaitement au défi de la violence, de la férocité ethnique, de la barbarie incontrôlée, nous avons proposé au gouvernement italien de devenir aussi promoteur, auprès des Nations Unies, d'une demande de moratoire - c'est-à-dire de suspension - des exécutions capitales déjà décrétées et de celles qui ne le sont pas encore. La résolution, présentée sur initiative de l'association internationale "Ne touchez pa

s à Caïn", a été approuvée à l'unanimité par la Chambre des députés et par le Sénat. Si avant le 20 août, le gouvernement italien demandera de mettre la question à l'ordre du jour aux Nations Unies, automatiquement en septembre, ou dans les mois qui suivent, il faudra en discuter. Hélas, à cause d'une décision imprudemment diplomatique ou peut-être par vieux réalisme politique, le sous-secrétaire aux Affaires étrangères présent dans la Salle a remplacé le terme péremptoire de la date du 20 août par la formule "en temps utile". En faisant cela il a confié à d'autres qu'au gouvernement italien la décision de discuter la proposition, et a rendu extrêmement difficile pour nous la préparation d'une grande mobilisation international en son soutien.

Si le calcul a été fait d'entrer faire partie du Conseil de Sécurité avec le vote favorable des pays africains (tous pour la plupart favorables à la peine de mort), il est clair que notre résolution peut créer des problèmes. Nous voudrions toutefois demander au gouvernement: si nous avons peur du Burundi ou d'autres pays, comment pensons-nous aller faire partie du Conseil de Sécurité des Nations Unies? En continuant sur ce chemin, je crains que nous perdrons aussi bien le vote du Burundi que les batailles pour le droit international.

Pensez-y, monsieur le Président, et prenez une décision à temps. De notre côté, en tant qu'abolitionnistes, que radicaux, que réformateurs, que nonviolents, nous nous mobiliserons pour vous aider à décider de la meilleure façon possible.

Emma Bonino

Rome, 6 Août 1994

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N.d.T.

(*) BONINO EMMA. (Bra 1948). Secrétaire (élue en 1993) et ancien Président du Parti radical (1989-1993), membre à plusieurs reprises du parlement européen, plusieurs fois député italien à partir de 1976. Parmi les promoteurs du Cisa (Centre Information sur la Stérilisation et l'Avortement), et militante active dans la bataille contre l'avortement clandestin, elle a subi un procès à Florence et a été acquittée. Elle a participé à la conduction, également au niveau international, de la campagne sur la Faim dans le Monde. Parmi les membres fondateurs de "Food and Disarmament International", elle s'est occupée de la diffusion du Manifeste des Prix Nobel.

 
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