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Conferenza droga
Partito Radicale Centro Radicale - 29 luglio 1994
DANS LE CADRE DE LA POLITIQUE DE "REDUCTIONS DES RISQUES" LIES A L'USAGE DE DROGUES, LES TOXICOMANES AURONT PLUS FACILEMENT ACCES AUX SERINGUES STERILES.
par Laurence Folléa

SOMMAIRE: Simone Veil, ministre des affaires sociales, de la santé et de la ville, et Philippe Douste-Blazy, ministre délégué à la santé, devaient annoncer, jeudi 21 juillet, » dix nouvelles mesures destinées à réduire les risques sanitaires (hépatites, sida) et sociaux (marginalisation, délinquance) liés à l'usage de drogues par voie intraveineuse. L'accès des toxicomanes aux seringues stériles va être facilité.

(Le Monde, 22-7-94)

Un nouveau pas a été franchi dans la politique dite de

» réduction des risques liés à l'usage de drogues par voie intraveineuse. En annonçant jeudi 21 juillet, »dix nouvelles mesures destinées à lutter contre la diffusion des virus du sida, des hépatites et des infections chez les toxicomanes, et à réduire les conduites délictueuses en favorisant le contact avec le système de soins, Simone Veil et Philippe Douste-Blazy répondent à l'urgence. En France, aujourd'hui, on estime que près de 30 % des usagers de drogues par voie intraveineuse sont contaminés par le virus du sida (VIH), et 70 % par celui de l'hépatite C (VHC).

» Il nous faut savoir sortir du stade expérimental , a estimé M. Douste-Blazy. Pour sa part, Mme Veil a tenu à rappeler que

» les toxicomanes sont accessibles aux messages de prévention et sont capables de se protéger et de protéger les autres si les moyens de protection, seringues propres et préservatifs, sont facilement accessibles. Différentes enquêtes ont en effet montré que les toxicomanes - il s'agit ici principalement des héroïnomanes - avaient modifié leur comportement à la suite de la libéralisation de la vente des seringues par un décret du 13 mai 1987 (le Monde du 3 mai 1988). En déclarant en outre que

» tous ceux qui connaissent les toxicomanes savent que la disponibilité de seringues n'est pas une incitation à la consommation , Mme Veil a définitivement clos le débat sur le caractère » incitatif des mesures d'accessibilité aux seringues.

Aux termes d'une convention à la signature entre le ministère des affaires sociales, de la santé et de la ville et le conseil de l'ordre national des pharmaciens, la vente en pharmacies de trousses de prévention contenant seringues et préservatifs sur le modèle Stéribox (1), qualifiées par Mme Veil de » trousses pour la vie , sera généralisée à compter du 15 septembre, au prix-plafond de 5 francs.

Un rapport sur l'hépatite C

Le monopole des pharmacies et des établissements spécialisés sur la vente des seringues et aiguilles va, d'autre part, être entamé pour permettre aux associations de distribuer du matériel d'injection stérile sans être inquiétées (elles pouvaient jusqu'à présent être poursuivies pour exercice illégal de la pharmacie). Une nouvelle version du décret modifié du 13 mars 1972 instituant ce monopole paraîtra au Journal officiel, » vraisemblablement avant le 15 août , précise-t-on dans l'entourage de Mme Veil. Les programmes d'échange de seringues, dont vingt-cinq sont à ce jour agréés et financés, devraient en être encouragés.

Mme Veil a également assuré du »soutien du ministère de la santé les collectivités locales désireuses de s'équiper en distributeurs-échangeurs de matériel d'injection. Actuellement, sept » récupérateurs automatiques de seringues ou distributeurs de Stéribox sont installés en région parisienne ou en province. L'accessibilité aux seringues reste, faut-il le rappeler, en contradiction avec la » présomption d'usage , cette notion qui n'a pas de base légale mais qui, dans la pratique policière justifie l'interpellation de toxicomanes » présumés .

Une mission » drogue-sida-psychiatrie est par ailleurs chargée de » faire un etat des lieux de la prise en charge psychiatrique des personnes contaminées ou non par le VIH , en application des recommandations du rapport Montagnier, et le réseau national de santé publique devra remettre un rapport sur les voies de contamination par le virus de l'hépatite C au début de 1995.

Les autres mesures reprennent, en le précisant, le plan gouvernemental de lutte contre la drogue et la toxicomanie du 21 septembre 1993 (le Monde du 23 septembre 1993). Un » effort accru de sensibilisation et formation des pharmaciens est au programme. Les services du ministère estiment qu'en moyenne 20 % de la profession refuse encore de vendre des seringues ou limite leur accès en imposant un achat par paquet de dix ou de cinquante et, à en croire le docteur Elliot Imbert, » inventeur du Stéribox, 2 000 pharmacies sur 22 500 vendent actuellement 90 % des seringues achetées par les toxicomanes.

1 145 places dans des centres de distribution de méthadone - les produits de substitution à l'héroïne constituent le second pôle de la réduction des risques - seront ouvertes avant la fin de l'année. Enfin, l'engagement des médecins libéraux dans la prise en charge des toxicomanes sera » privilégié , et, fin 1994, douze » réseaux ville-hôpital-toxicomanie seront opérationnels.

LAURENCE FOLLEA

(1) Lancé en mars 1993 à Ivry-sur-Seine par l'association Apothicom, le Stéribox contient deux seringues, deux tampons alcoolisés, un flacon d'eau stérile, un filtre en coton, un préservatif, des messages de prévention, des adresses, et des dessins de Wolinski. 200 000 Stéribox ont à ce jour été fabriqués, dont 150 000 ont été diffusés dans les pharmacies d'une cinquantaine de villes qui soutiennent l'opération.

 
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