Canada UE pêche/Jean Chretien défend la position canadienne dans le conflit avec l'UE
DALLAS (Etats Unis, 7 avr (AFP) Le Premier ministre canadien
Jean Chretien a affirmé jeudi à Dallas (Texas) que son pays n'avait
pas d'autre choix que de prendre "le taureau par les cornes" dans
la "guerre du turbot" (ou flétan noir) que se livrent l'Union
européenne et le Canada.
S'exprimant au cours d'une rencontre avec des directeurs de
journaux, M. Chretien a déclaré qu'il espérait que les discussions
avec les Européens pour la résolution du conflit donneront des
résultats dans les prochains jours.
"J'espère que nous aboutirons à un accord que tout le monde
respectera, mais dans deux ans ce sera trop tard et nous devions
faire quelque chose," a affirmé M. Chretien. "Ainsi nous avons pris
le taureau par les cornes, et j'espère que cela aboutira à un
accord positif dans quelques jours", a t il ajouté.
De son côté, le ministre espagnol de la Pêche Luis Atienza
s'est dit pessimiste, jeudi à Luxembourg, sur les chances de
parvenir à un accord sur la pêche au turbot dans les négociations
entre l'Union européenne et le Canada et a dénoncé la "politique du
mensonge" des Canadiens.
"Je suis pessimiste car les Canadiens n'ont jamais montré la
volonté de négocier véritablement", a déclaré M. Atienza à la
presse, en marge d'un Conseil des ministres de la Pêche, moins de
24 heures après de nouveaux incidents entre un patrouilleur
canadien et un chalutier espagnol pêchant le flétan noir dans la
zone des Grands Bancs de Terre Neuve.
Les discussions entre hauts fonctionnaires de l'Union
européenne et du Canada devaient reprendre vendredi matin à
Bruxelles. Les négociations ont principalement pour but d'organiser
la répartition des ressources de flétan noir au large de Terre
Neuve entre l'UE, le Canada et les autres membres de l'Organisation
des pêches de l'Atlantique Nord Ouest (OPANO).
Les Canadiens reprochent aux Espagnols, qui sont, avec les
Portugais, les seuls Européens à pêcher le turbot dans cette
région, de décimer les bancs de poissons au large de Terre Neuve.
Cette dispute avait déclenché une crise diplomatique entre l'Union
européenne et le Canada à la suite de l'arraisonnement le 9 mars,
au large de Terre Neuve, d'un chalutier espagnol par les
gardes cotes canadiens.
M. Chretien s'est prononcé en faveur d'un accord des Nations
unies pour empêcher la surexploitation des fonds de pêche. Mais en
l'absence d'un tel document, il a affirmé que le Canada ne
permettra pas "que d'autres espèces soient encore pêchés au point
de les décimer."