Radicali.it - sito ufficiale di Radicali Italiani
Notizie Radicali, il giornale telematico di Radicali Italiani
cerca [dal 1999]


i testi dal 1955 al 1998

  RSS
gio 27 feb. 2025
[ cerca in archivio ] ARCHIVIO STORICO RADICALE
Conferenza Emma Bonino
Commissione Europea Letizia - 21 settembre 1995
Eco.-Changes-Bourse
Italie: stupeur des politiques, panique sur la lire après propos de Waigel

MILAN (Italie), 21 sept (AFP) - La déclaration du ministre allemand des Finances, Theo Waigel, estimant que l'Italie sera exclue de la monnaie unique européenne a provoqué la stupeur de la classe politique italienne jeudi et semé la panique sur le marché des changes avec un brutal repli de la lire.

Grâce à l'intervention de la banque centrale italienne, la devise s'est toutefois reprise en fin de matinée à 1.109/1.110 lires pour un DM, après avoir chuté à 1.120 lires à l'ouverture, contre 1.086,14 lires au fixing de mercredi.

La bourse de Milan a également été malmenée, perdant 0,78% en ouverture à 10.272 points, avant de limiter ses pertes à un recul de 0,44% à 10.307 points.

Résumant le sentiment d'une bonne partie de la classe politique, Gerardo Bianco, chef des chrétiens-démocrates de gauche (PPI) et député européen, a estimé que la position de M. Waigel "est grave et complètement injustifiée et fait lourdement tort à notre pays".

Le ministre allemand a déclaré, lors d'une intervention devant la commission des Finances du Bundestag (chambre basse du parlement) rendue publique mercredi, qu'il n'y aura "pas d'assouplissement des critères définis dans le traité de Maastricht, qui donnent droit à participer à la troisième phase de l'Union monétaire". "L'Italie, bien qu'elle soit un pays fondateur de la communauté européenne, n'en fera pas partie", a-t-il ajouté.

La troisième phase de l'union économique et monétaire (UEM) est celle du passage à la monnaie unique. La monnaie unique doit être introduite au plus tôt le 1er janvier 1997, si une majorité d'Etats ont une économie assez saine, et au plus tard le 1er janvier 1999 avec les seuls pays dont les performances sont jugées suffisantes.

Pour accéder à cette phase, les Etats doivent respecter des critères de convergence économique, prévoyant notamment que le déficit public ne dépasse pas 3% du PIB et que l'endettement cumulé soit limité à 60% du PIB.

Fin 1994, le déficit public italie représentait 9,6% du PIB et l'endettement total était de 123,7% du PIB.

Les propos de M. Waigel ont d'autant plus surpris en Italie que le chancelier, Helmut Kohl, avait fin août fait les louanges du chef du gouvernement italien, Lamberto Dini, en place depuis février, et de ses efforts d'assainissement des finances publiques. Ces propos avaient relancé les perspectives d'une rentrée de la lire dans le système monétaire européen (SME) à l'automne.

Le ministre des Affaires étrangères italien, Susanna Agnelli, a estimé qu'il "aurait mieux valu que le ministre Waigel ne fasse pas une telle déclaration". Selon le syndicaliste Pietro Larizza, M. Dini a envoyé une lettre de protestation à M. Waigel, qui "s'est excusé et a rectifié sa position".

Les propos du ministre allemand font la Une de tous les journaux italiens, qui parlent de "gifle de Waigel à l'Italie" ou d'"Italie recalée par Bonn".

Selon le quotidien Corriere della Sera, le commissaire européen Emma Bonino a été "stupéfaite des déclarations de M. Waigel", qu'elle a jugées particulièrement "prématurées, trois ans à l'avance".

L'économiste Luigi Spaventa a jugé ses propos "déstabilisateurs", l'économiste du parti de Silvio Berlusconi, Forza Italia, Antonio Marzano, a estimé qu'il "aurait mieux fait de s'abstenir de propos inopportuns".

Son homologue du parti démocratique de la gauche (PDS), Vicenzo Vescio a fait remarquer que l'Italie n'est "pas le seul à ne pas être en accord avec les conditions pour la monnaie unique".

En revanche, l'ex-ministre des Affaires étrangères, Beniamino Andreatta a estimé que les propos de M. Waigel doivent servir de "leçon pour l'Italie" et souhaité l'adoption d'un budget très rigoureux pour 1996. Sur le même ton, le quotidien Il Giornale a jugé que "les propos étaient peut-être un peu brusques et privés du traditionnel 'self control' d'un homme de gouvernement mais ils ont fait mouche".

Les moins surpris étaient finalement les opérateurs financiers. "Waigel n'a rien dit de spécialement original, l'Italie ne respecte pas les critères, sauf que ses paroles ont un poids particulier", a relevé un cambiste.

 
Argomenti correlati:
stampa questo documento invia questa pagina per mail