Services financiers et publics, aliments: le plan triennal de la Commission est établi
Les services financiers, les services publics et les denrées alimentaires sont les domaines prioritaires dans lesquels la Commission européenne va tenter de défendre les droits des consommateurs au cours des trois années qui viennent, a annoncé mercredi la commissaire chargée de la protection des consommateurs, Emma Bonino.
L'Union européenne (UE) ne consacre que 0,0027 pc de son budget à la protection des consommateurs mais l'article 129 du traité de Maastricht lui permet "d'aller plus loin", a-t-elle indiqué.
A propos des services financiers, la Commission s'intéresse particulièrement aux moyens de paiement dont le coùt d'acquisition varie fortement d'un pays à un autre. Mme Bonino a cité le cas de la carte de type Bancontact que les banques belges offrent gratuitement dans certains cas, alors qu'en France, un client doit payer entre 540 et 900 FB par an pour utiliser la même carte.
Les services de Mme Bonino devraient aussi se pencher sur le fonctionnement du marché du crédit, sur le rôle que les intermédiaires y jouent et sur le problème du surendettement. La libéralisation totale des services publics reste, par ailleurs, d'actualité mais la Commission compte bien s'assurer que le consommateur en tire tout profit.
Quant aux denrées alimentaires, la Commission n'a pas encore fait sa religion car elle prépare un - livre vert - sur ce sujet. Deux tendances s'affrontent à Bruxelles, entre ceux qui prôponent un marché totalement libre et ceux qui estiment qu'il faut protéger les produits du terroir. En d'autres mots, le consommateur doit-il être protégé face aux fausses appellations - feta danoise, jambon de Parme belge - ou a-t-il droit à un marché alimentaire sans restrictions? "La priorité est l'information du consommateur," a réagi à titre personnel Mme Bonino, pour qui le consommateur a "droit au mauvais goût".
Ch. Ly.