Cinquante ans déjà ...
ET ALORS, L'ONU ?
dirigé par Nils Andersson, ed. arléa - corlet croissance
La guerre froide l'avait anesthésiée, congelée, tétanisée. La chute du mur de Berlin l'a ressuscitée, projetée sur le devant de la scène à défaut de l'avoir revitalisée: l'Organisation des nations unies semble, à l'approche de la cinquantaine, avoir trouvé une deuxième jeunesse. Le "machin" dénoncé par de Gaulle, qui n'y voyait qu'accumulation d'égoismes supremes et étatiques, s'est remis en route cahin-caha, principalement à travers les activités de son Conseil de sécurité.
Depuis que notre monde bipolaire s'est effondré, l'ONU a mis sur pied plus d'opérations de maintien de la paix que durant les quarante années précédentes. Casques bleus et blindés blancs font désormais partie du paysage avec des fortunes diverses.
Le drapeau bleu azur flotte aujourd'hui partout sur la marmite en ébullition de notre planète enfiévrée.
Est-ce pour autant que tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles ? La réponse est, hélas, négative. Force est de constater que, dans sa version Rambo comme dans sa version Kouchner, l'ONU n'est pas en mesure de gérer ce que George Bush avait qualifié, un peu hativement, de "nouvel ordre mondial" et qui s'affiche comme le grand désordre mondial de la fin du siècle. Victime de son succès mais surtout de ses pesanteurs, l'ONU n'assure (et ne rassure) plus dans son role de gendarme du monde. Arbitre trop sollicité, surmené, survalorisé et, en meme temps, sous-estimé, et surtout sous-payé, l'ONU est, d'un coté, victime de son succès, creusant des déficits aberrants et, de l'autre, créateur de faux espoirs, cache-misère de l'impuissance du monde à gérer aujourd'hui son destin. L'ONU cherche du crédit, elle n'a que des créanciers.
Mais surtout, chacun en a conscience aujourd'hui: l'ensemble des règles du jeu onusien est à réinventer.