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Partito Radicale Olivier - 24 agosto 1994
L'EUROPE EN FAUTE

par Alain Touraine

Ne croyons pas que seuls les Bosniaques vont payer le prix de notre démission. C'est l'Europe qui meurt une deuxième fois à Sarajevo...

Globe Hebdo, 1·-7 juin 1994

Ne faisons pas semblant de confronter des stratégies, comme si l'un disait qu'il vaut mieux accepter la partition pour ne pas risquer de relancer la guerre et l'autre, qu'il faut donner aux Bosniaques des armes pour éviter le risque d'une internationalisation du conflit. Ce débat est artificiel car il n'y a pas de situation yougoslave définissable indépendamment de l'atonie et de l'impuissance des grandes puissances.

Comment ne pas rappeler ici la guerre du Golfe, dans laquelle les Etats-Unis se sont engagés loin de leur pays, contre une armée que l'on disait redoutable, et au risque de provoquer un soulèvement massif du monde arabe ? Et voici que des milices serbes terrorisent l'Otan qui, pourtant, avait été préparée à affronter la puissante armée soviétique ...

Je n'accuse aucun homme politique. Je constate simplement ce qui s'est passé, je constate que rien n'a arrêté l'offensive serbe, ni en Croatie, ni en Bosnie, et que, si demain la Serbie recevait la moitié environ de la Bosnie des mains des grandes puissances, elle aurait ainsi reçu officiellement le prix de sa politique de "purification ethnique". Il se trouve donc qu'on accepte ce qu'on déplore et qu'il n'était pas impossible d'empêcher. Ce qui devrait donner au moins mauvaise conscience à beaucoup. Ces contradictions sont si visibles qu'il est indispensable de les énoncer et, par conséquent, d'interpeller l'opinion, avant qu'il ne soit trop tard. Non pas pour découvrir une solution miracle mais pour aiguillonner, si c'est encore possible, les puissances occidentales dont il n'est pas vrai qu'elles ne puissent pas intervenir sans déclencher la tempête. Je comprends que des hommes politiques cherchent la moins mauvaise des solutions possible, mais je n'admets pas qu'on refuse de reconnaître que c'est notre i

mpuissance qui a conduit à cette triste nécessité de choisir entre le mal et le pire.

Que les Européens de l'Ouest ne croient pas que les Musulmans bosniaques sont les seules victimes de leur impuissance: ils vont la payer cher eux-mêmes. Qui parle encore de Maastricht et de la monnaie unique ? Les ultra-libéraux n'y sont pas favorables, tandis que ce sont les social-démocrates à la Delors qui en défendent l'idée. Désormais, seul le marché commande et toute volonté politique disparaît. Les Européens ne pensent qu'à sauver leur économie, en sacrifiant, si besoin est, une partie de leur population et en chassant de leur esprit les grands mots de liberté et de justice.

L'Occident, qui montre son impuissance aussi bien politique qu'économique, n'en a même plus conscience. N'est-ce pas assez pour justifier la parole que prennent quelques-uns pour dénoncer cette situation et pour rappeler que les Bosniaques ne sont pas les seuls à qui cette guerre interdise désormais l'espoir ?

 
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