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Dupuis Olivier - 1 ottobre 1988
Affirmation de conscience
de Olivier Dupuis

SOMMAIRE: L'auteur dit qu'on est arrivé à un faux choix entre le service militaire et le service civil qui n'a rien à voir avec la défense, parce qu'on a toujours parlé de la défense en termes limités de protection des frontières, du sol, d'agressions externes. Mais il faut en parler (et seulement le PR l'a fait) en termes de défense des droits humains, des droits fondamentaux de la Personne dans le monde entier.

(Nouvelles Radicales N.6 - octobre 1988)

Justement parce qu'il est incontestable que la bataille pour la reconnaissance du droit à l'objection de conscience constitua un moment important dans l'histoire antimilitariste, il nécessaire, indispensable même de la repenser aujourd'hui. A vingt ans de la conquête des premières lois, à quelques mois de la reconnaissance d'une loi semblable en Pologne, à quelques semaines de la décision de dernier pays de la Communauté européenne qui ne l'avait pas, la Grèce, de reconnaître l'objection de conscience et dans la perspective de la reconnaissance d'une loi identique en Hongrie (prévue pour le début de l'an prochain), il est possible sans doute de distinguer mieux les données révolutionnantes de cette conquête civiles de celles qui se sont plus ou moins rapidement transformées en caractéristiques conservatrices, corporatistes, neutralo-pacifistes, utopistes, jacobines et léninistes.

L'aspect révolutionnaire de la bataille pour l'objection de conscience fut certainement d'avoir réussi à arracher aux militaires non seulement le monopole de la gestion mais surtout celui de la définition des politiques de défense. Ce fut en un certain sens la reconquête du vieux précepte de Clémenceau "la guerre (la défense) est une chose trop sérieuse pour être laissée aux seuls militaires". Ce fut donc dans un certain sens la fin d'un débat fermé sur lui-même, dont la fonction était seulement de discuter de la cohérence des moyens à utiliser pour atteindre une fin en soi indiscutée: la protection des frontières, du sol, du terroir, des possibles agressions externes.

Certes, les objecteurs d'alors comme ceux d'aujourd'hui en Pologne et en Hongrie, disaient beaucoup de choses. Leur front était bien loin d'être homogène. Cependant il existait une volonté, d'une certaine façon unifiante, proprement politique celle-là, de ne pas accepter que la définition de la politique de défense soit confinée aux seuls problèmes techniques. L'homme qu'on ne voulait pas tuer, les armes que l'on ne voulait pas embrasser, l'uniforme que l'on ne voulait pas porter, étaient des manières - certes également symboliques - pour refuser cette conception statique et limitée de la défense.

Mais, comme cela s'est souvent passé dans l'histoire, les moyens se sont transformés peu à peu en finalités. Les armes que l'on ne voulait pas apprendre à utiliser sont devenues la chose à contester en lieu et place de la politique qui en définit et en décide l'usage. Cette transformation a été aidée aussi par la domination presqu'incontestée - sinon par nous radicaux - dans la gauche européenne d'une conception étatique totalisante, version menchéviste, aujourd'hui mieux connue sous les deux noms de social-démocratie (les "réalistes" ou "moux") et les écopacifistes (les "fondamentalistes" ou "intégristes" ou encore les "durs").

L'équivoque, plus ou moins savamment cultivée par la classe politique dirigeante européenne, s'est transformé ainsi en une formidable tromperie, dans un leurre, dans un faux choix entre d'une part défense militaire (et par conséquent service militaire) inutile et dangereuse, même si "plus dangereuse pour ce qu'elle ne fait que pour ce qu'elle fait" ou se propose de faire et d'autre part un service civil qui n'a absolument rien à voir avec la défense. Au point que l'on peut - et que l'on doit - parler aujourd'hui d'"objection d'inconscience".

Cette tromperie - et donc aussi cette énorme capacité de récupération de l'Etat - nous nous la retrouvons jusque dans la terminologie adoptée dans les lois, sous la forme d'un paradoxe gigantesque et risible: l'objection de conscience légalisée. La désobéissance devenue loi. Mais un Etat peut-il vraiment tolérer que des citoyens n'acceptent pas de concourir à la politique - dans ce cas précis, importante, essentielle, à sa survie même - définie démocratiquement par la majorité ? Précisons bien toutefois que ce qui est contesté ici ce n'est pas l'objection de conscience qui étant - dans son acception sémantique originaire - une geste de désobéissance, est et reste - évidemment - toujours du domaine des choix personnels du citoyens, restant naturellement acquis que celui qui agit ainsi s'expose aux sanctions prévues par la société.

Ce qui est contesté ici c'est la LEGALISATION de l'objection de conscience. Certes l'Etat peut légaliser et organiser des formes nouvelles et différentes de participation à la défense, et donc incontestablement un service civil également. Mais en ce cas la fonction du service civil reste toujours celle de concourir à la politique de défense de la société, définie par une majorité qui estime qu'il est possible de le faire de différentes façons. Et c'est donc ici que surgit la question principale que nous avons tenté de "résumer" par le concept d'"affirmation de conscience".

Qu'est-ce ou mieux, que doit être la défense ? Problème jamais ou presque affronté par les mouvements pacifistes pour lesquels la défense se résume à un "ne pas déranger le voisin". Problème affronté par les classes dirigeantes occidentales soit de manière générique quand leur préoccupation majeure est de dépenser le moins possible, soit "neo-impériale", "faisons de l'Europe la troisième puissance", soit "nostalgique-nationale" manière incarnée le mieux par la France.

Que voulons-nous défendre ? Que défendons-nous aujourd'hui avec nos politiques de défense ? Des frontières que du reste nous jugeons dépassées économiquement, industriellement, technologiquement (également du point de vue de la technologie militaire), culturellement, socialement et par conséquent politiquement ?

De là les théories militaires impossibles et toujours mises à jour. La défense de la France commence sur l'Elbe et non sur le Rhin, les réponses plus ou moins graduée, etc. Le fait est que la réponse est ailleurs. Elle est dans la définition même du concept de défense.

Nous radicaux, nous disons que la défense de notre société est avant tout la défense des valeurs sur lesquelles celle-ci se fonde, et en premier lieu la valeur de la liberté. Mais la liberté ce n'est pas la tranquillité, l'absence d'invasion. A fortiori dans le village universel qu'est devenue la planète Terre. La liberté c'est la liberté partout. Chez nous comme au Sud et à l'Est du monde.

La liberté pour nous n'est pas séparable de la liberté du polonais de pouvoir s'exprimer, de pouvoir se déplacer, de choisir son gouvernement, son Parlement, son syndicat, son maire, etc. La liberté pour nous et chez nous c'est aussi la liberté pour le nigérien d'avoir la possibilité de manger, d'avoir un toit sûr, d'être soigné, de choisir ses représentants et de pouvoir les renvoyer, la possibilité de pouvoir construire un Etat de Droit avec des règles du jeu, sûres, connues, certaines, valables pour tous.

Nous radicaux, non seulement nous disons tout cela depuis des années mais tout cela constitue depuis des années notre politique. Ainsi avons-nous demandé et demandons-nous des lois d'Etat, avec des budgets adéquats, des lois de nos Etats pour affronter de manière massive, intégrée, la nouvelle extermination en acte, l'extermination par la faim, qui fait chaque année des dizaines de millions de victimes. Ainsi manifestons-nous depuis des années en Europe Centrale et de l'Est, connaissant arrestations, prisons et expulsions, pour que soient respectés les droits fondamentaux de la Personne. Ainsi luttons-nous pour la création d'une Union européenne fondée sur ces valeurs, sur la démocratie, sur la liberté et non sur la géographie ou sur qui sait quelle nouvelle politique de puissance.

L'affirmation de conscience n'est rien d'autre que cela. Refuser d'accomplir un service militaire ou un service alternatif alibi est une de ces manières d'affirmer les valeurs de la liberté, de la démocratie, de la non-violence contre les nouvelles Maginot et les nouveaux Munich, d'affirmer sa conscience en somme.

 
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